Le spectateur a quitté la salle - Franck Terreaux
Chers Amis, lisez je vous prie les commentaires laissés hier, 8 juin 2010, ci-dessous par Franck Terreaux.
A la suite des citations et résumés du chapitre 3 de "Nés pour être libres" de Jac O'Keeffe" intitulé : "Observer", voici un texte proposé par Frédéric, qui se trouve sur le blog "Eveil impersonnel et approches non-duelles".
Je le reproduis ici pour des questions pratiques, souhaitant le comprendre, tenter de le commenter.
- Compris que méditer ne servait à rien, qu’en méditant, qu’en essayant d’être détaché, qu’en essayant de me libérer de mes soi-disant conditionnements, j’étais complètement à côté de la plaque. Compris que chaque pas entrepris dans une direction m’éloignait inexorablement de ce que je cherchais, de ce que j’étais, autrement dit de tout, autrement dit de rien, ou plutôt de rien du tout, puisque c’est à partir de ce rien que tout se crée d’instant en instant.
J’avais désormais l’ultime conviction qu’il n’y avait nulle part où je devais aller, puisqu’il n’y avait nulle part où je puisse aller. Que l’univers était d’une perfection absolue, et que dans ce cas comme le disait Jésus, si tout était parfaitement accompli il n’avait aucune personne à parfaire.
- Plus rien à parfaire, plus rien à accomplir, la perfection la plus absolue qu’il soit. Et c’est depuis ce fameux jour que tu as cessé de méditer ?
- Parvenu à un arrêt, je me suis rendu compte à quel point le processus de FAIRE était présent dans la méditation, et que lorsqu’on a médité durant des années, il est très difficile de s’en défaire. C’est comme stoppé un navire lancé à pleine vitesse, le moteur a beau être coupé, la force d’inertie lui fait continuer sa route un long moment."
"Car tant qu'il y a une quête, il y a un sentiment de manque.
Parfois, cette beauté conduit à une telle plénitude que le corps semble trop petit pour pouvoir la contenir. Dans ces moments-là, est ressentie la joie en même temps qu’est ressentie la douleur. Il y a des instants comme ça où sans doute les opposés se rejoignent. Tu réalises alors que tout est régis par la loi de l’équilibre. Quand un malheur résonne aux confins de l’univers, un bonheur résonne dans des autres confins de ce même univers. Car en raison de ces éternels trous à creuser et à reboucher, la manifestation est basée sur l’affrontement permanent.
Il y a des problèmes, cela ne fait aucun doute, mais il y a aussi des solutions qui gravitent autour d’eux en permanence. Dans l’absolu il n’y a pas une chose qui soit plus importante qu’une autre.
L’éternelle canette de soda qui traîne et que je ramasse chaque matin dans l’escalier du Conservatoire a autant d’importance comme pas plus d’importance que le grand concert qui se prépare le soir à l’auditorium. Même si l’homme est en chute, cette chute a autant d’importance comme pas plus d’importance qu’une feuille se détachant d’un arbre à l’automne. Il n’y a que UN, tout est ok, tout est parfait. Dans cette incommensurable beauté, tout est infiniment simple pour qui laisse ses yeux regarder.
Oui, et le plus fou, c’est de réaliser que ce spectateur qui a vécu tant d’années n’a en réalité jamais existé, au point que même le spectacle ne l’avait jamais remarqué.
© Extraits tiré de l'ouvrage L’éveil pour les paresseux, de Franck Terreaux. Editions Charles Antoni L’Originel.
Commentaires:
(Pour accéder à la demande de Franck Terreaux de remplacer sa réponse du 8/06/2010 par celle du 30/06/2010, j'ai recopié ci-dessous, dans leur intégralité, les commentaires que nous avions laissés dans la partie ad hoc ; la dernière version de la réponse de Franck constituant cette fois un article auquel un lien renvoie.)
De Danielle Graux le 5/06/2010 :
Réponse d'Emmanuel :
Je pense que le titre est volontairement provocateur. Pour ma part j'aimerai savoir ce qui est dit dans ce bouquin en plus du passage proposé par Frédéric. Je reste toujours interpellé par ce qui est dit en la matière, Mooji, dit cela aussi du peu que j'ai pu en entendre, nous en avions déjà parlé dans mon précédent blog. Jac O'keeffe parle aussi de cela : grosso modo : "En quoi nos croyances que l'éveil est difficile à atteindre ne nuit pas ?, ne nous en éloigne pas ?" "En quoi nos pratiques pour atteindre l'éveil ne sont-elles ou ne deviennent-elles pas un frein, un voile sur ce qui est là à proximité ?" J'en parlais à une amie récemment : ne ressentez-vous pas ces moment où tout est comblé, tout est satisfait, là il n'y a plus personne pour s'interroger, rechercher encore, purifier, parfaire, parce que nous sommes dans le "tout est bien".
Mais pourquoi quittons nous cela pour poursuivre notre quête ? Qui a besoin de chercher sans cesse en nous et louper ce qui est déjà là ? Qui est toujours insatisfait ? Qui ne veut pas abandonner la quête, s'abandonner à ?
Il y a là quelque chose que je veux saisir. Et je me dis en même que tant qu'il y a cette volonté et ce je rien ne sera accompli totalement. Ce sont des questions nouvelles pour moi qui aparaissent de manière encore confuses : la place du Je dans notre existence, la perception de son inexistence, comment peut-on fonctionner sans je, le mental nous a conduit jusque là nous dit O'Keeffe jusqu'au Je suis, mais il ne peut percevoir au-delà...
Et justement quand vous dites "ne pas lâcher prise" cela m'interpelle. N'est-il pas justement un abandon à une volonté supérieure à la nôtre qui doit être réalisé, accompli ?
Nous aurons sûrement l'occasion d'en rediscuter lors de nos partages autour des prochaines phrases d'O'Keeffe, mises en évidence une à une.
Très bon dimanche à vous également Danielle.
Commentaire de Danielle Graux le 6/06/2010 :
Commentaire de Franck Terreaux le 8/06/2010 remplacé par une nouvelle réponse le 30/06/2010 :
Réponse d'Emmanuel le 9/06/2010 :
Bonjour Franck,
Je vous remercie pour votre venue, c'est une chance pour moi, et je l'espère aussi pour ceux qui comme moi auront été interpellé d'une manière ou d'une autre par l'extrait de votre ouvrage de lire vos mots.
Je comprends que le titre de votre ouvrage n'est pas provocateur c'est une invitation claire pour qui veut la suivre pour lui-même, comme le dit votre titre de commentaire à la "paresse et à la méditation non attentive". J'entends vos intentions : partage et uniquement cela.
La piste du sommeil profond (comme accès à une compréhension ultime) en ce qu'il est dégagement de toute quête, de tout effort, de pur abandon est également abordé par Jac O'keeffe dans "nés pour être libres". Donc ce que vous dites ne m'est pas étranger d'autant plus que depuis quelques années maintenant, cela est mon histoire, les siestes (la plupart du temps d'environ 1h30) sont pour moi si précieuses, je dis que je m'y recharge. Vos mots à tous deux (relire ceux de Jac O'Keeffe) donnent à ma pratique chérie une autre ouverture, au moment du réveil. Vous confirmez mon intérêt suscité d'abord par elle,et en ce qui me concerne cela est bienvenu.
J'ai lu hier en début d'après-midi vos explications concrètes et j'ai bien évidement fait avec application une première tentative. Ce qui cloche, c'est que c'était selon moi trop près du boulot (je travaille le matin et en fin de journée cette semaine), alors la peur d'être en retard fausse forcément les choses pour s'abandonner. Cela ne m'empêchera pas de reconduire cela toute cette fin de semaine, et il y aura le week-end, jours fériés et congés qui approchent.
"Proximité, simplicité, naturel, ouvert, là, accessible à tous" sont mes intuitions depuis quelques temps, même si je m'en éloigne encore, il y a eu tous mes Amis, et des êtres comme Mooji, O'Keeffe, et vous enfin pour m'interpeller et me confirmer en cela, pour oser cela, ne rien faire, rien à parfaire, laissez cela émerger, avec juste cette petite volonté qui elle aussi s'effacera, pour un jour prochain dire comme vous : "j'ai compris", et mes mots pour dire cela.
Je termine habituellement mes mots à mes amis, par un souhait, mais que vous souhaitez à vous qui avez tout, pour qui tout est "ok, parfait et beauté infinie" ?
Merci pour vos éclaircissements, votre partage !
Commentaire de Duc le 12/06/2010 :
Commentaire de Duc le 12/06/2010 :
Je voudrais en toute humilité rectifier la fin de ce que dit Franck.
Il ne faut pas confondre "accéder à l'être" et la parole "tout est parfait".
Ce sont deux choses différentes selon moi.
On peut réaliser l'être sans trouver que tout est parfait.
A mon humble avis
Commentaire de Franck Terreaux le 13/06/2010 :
Duc, vous avez tout à fait raison. Sachez que lorsque j'emploie l'expression "tout est parfait" cela signifie que le fait que nous ne soyons pas d'accord,incarne lui aussi cette perfection. Vouloir être en accord sur tout est un non sens, une aberration, un contre sens à la vie, car pour que ça marche, la vie a besoin que les choses s'attirent et se repoussent. Cette vie "nous" aime, et aime que "nous" ne soyons pas toujours d'accord avec elle. Merci
